Attention aux chenilles processionnaires
Qu’est-ce qu’une chenille processionnaire ?
Les chenilles processionnaires du pin (Thaumetopoea pityocampa) font partie de la famille des lépidoptères, des papillons de nuit. Elles mesurent environ 4 cm de longueur et chacune peut porter plus d’un million de poils urticants qui libèrent des thaumétopoéines, des protéines toxiques. Elles mangent essentiellement les feuilles et les épines des résineux dont les pins et vivent en colonie. Il est courant de voir des cocons remplis de chenilles sur les branches des arbres.
- On peut les apercevoir en procession de janvier à mai, lorsqu’elles descendent des pins ou des chênes pour s’enfouir dans le sol. Elles vont ensuite rentrer dans une phase de transformation : nymphose qui est le passage entre chenille et papillon.
- Avant, les vols de reproduction ont lieu de juin à septembre.
- Puis d’octobre à février a lieu une période de nidification avec différents stades larvaires. Vous ne pouvez pas les louper car elles forment des files indiennes de plusieurs mètres de longueur regroupant des centaines de spécimens.
À savoir : le cycle de vie et l’habitat varie pour les chenilles processionnaires du chêne (Thaumetopoea processionea). Elles sortent plus tardivement, d’avril à juillet et leurs nids sont installés sur le tronc. Elles ne se déplacent pas sur le sol et sont toutes les deux recouvertes de poils urticants donc difficile de les reconnaître visuellement.
Les chenilles processionnaires sont-elles dangereuses pour la santé ?
Effectivement, elles sont couvertes de poils urticants donc éloignez-vous des processions. Que ce soit dans le jardin, dans un parc ou pendant une promenade de forêt, fuyez. Si elles se sentent en danger, elles vont émettre dans l’air leurs soies urticantes qui recouvrent leur corps. Les écraser serait une mauvaise idée car elles pourraient disséminer leurs poils qui sont urticants pendant des mois.
Quels sont les symptômes en cas de contact ?
Que vous soyez un animal de compagnie, un enfant ou un adulte, vous risquez quelques désagréments. Les poils peuvent provoquer :
- des démangeaisons cutanées sévères comme de l’urticaire ou oculaires ;
- des troubles respiratoires ;
- des inflammations des muqueuses ou de la langue pour les animaux.
À savoir : elles ne représentent pas qu’un danger pour la santé humaine et animale mais aussi la santé des forêts. Effectivement, lorsque l’invasion est conséquente, la défoliation est grande puisque les chenilles se nourrissent essentiellement de feuilles et d’épines, ce qui peut mettre en péril les essences concernées. Les arbres perdent leur feuillage, ont des parties complètement asséchées et deviennent ainsi vulnérables face à de nombreuses maladies et parasites.
Que faire en cas de contact avec une chenille processionnaire ?
Ayez le bon geste. Dans un premier temps, éloignez-vous puis signalez leur présence à votre mairie ou sur des sites ou applis comme signalement-chenilles-processionnaires.atalasante.fr pour qu’un référent de votre commune soit informé pour faire le nécessaire.
Comment lutter contre les chenilles processionnaires ?
- On peut agir en préventif en installant de écopièges sous forme de sacs accrochés aux arbres. Ils vont être de véritables pièges lorsque les chenilles vont descendre des troncs. Elles vont rentrer dans le sac et être piégées par la collerette qui va les maintenir en place et les empêcher de ressortir. La procession est ainsi bloquée. Les chenilles vont se nymphoser dans la terre contenue dans le sac. Pour finir, vous pourrez retirer le sac après mai qui sera collecté.
- Les seuls prédateurs qui mangent les chenilles processionnaires sont les mésanges donc installez des nichoirs pour les accueillir si vous avez des conifères infestés à proximité de votre lieu d’habitation. Ces oiseaux peuvent en manger plusieurs centaines par jour. Elles vont donc faire un véritable carnage dans les cocons nichés en haut des arbres.
- L’autre solution est préventive pour limiter la population de papillons mâles. Il s’agit de placer des pièges à phéromones sexuelles de juin à septembre. Les mâles adultes vont être attirés par ces hormones femelles puis piégés, ce qui va limiter la reproduction et le nombre de chenilles. Cette technique de lutte biologique mérite d’être plus courante.